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Le programme « apprendre à apprendre » sur Coursera est d’un très bon niveau, et son utilité certaine. Néanmoins il me semble que son point faible est le cours sur la motivation. Les apprenants et les professionnels trouveront dans le présent article de quoi approfondir cette notion.

 

Le cours sur coursera: les aspects neurologiques de la motivation

Le professeur Terrence Sejnowski nous apprend que sur le plan neurologique, la motivation est le fruit du circuit dopaminergique, appelé aussi circuit de la récompense (Brain Reward System). Trois neurotransmetteurs sont particulièrement impliqués :

- L’acétylcholine qui est fortement impliquée dans la plasticité synaptique (reconfiguration du cerveau suite à un apprentissage) et la fabrication de souvenirs.

- La dopamine qui est la récompense chimique produite par les neurones dopaminergiques lorsqu’on reçoit une récompense imprévue, mais aussi lorsqu’on envisage une future récompense. Plus clairement, il existe deux « jets » de dopamine : une pour motiver une action, une autre en récompense d’une action.

- La sérotonine qui influence les relations sociales ; les détenus les plus dangereux auraient un bas niveau de sérotonine.

Enfin, émotion, perception, attention, apprentissage et mémoire sont liés.

 

Commentaire et approfondissement

La motivation est certes liée aux réactions chimiques dans le cerveau, mais également à des facteurs psychologiques comme à une computation consciente, aux émotions inconscientes, et vraisemblablement à d’autres phénomènes qui échappent encore aux chercheurs.

Ainsi, à mesure que se développent le cortex préfrontal et l’expérience de l’individu, se développe aussi la capacité d’inhibition, donc le fait de résister à une récompense. C’est le cas de l’étudiant sérieux (oui, il y en a) qui résiste à la tentation d’aller voir un film pour se concentrer sur ses cours ou aux parents qui se sacrifient pour leurs enfants (et ils sont nombreux). Les réactions chimiques dans le cerveau ne sont qu’un aspect de la motivation, parmi bien d’autres.

La computation consciente résulte largement d’une rencontre entre un calcul bayesien et le « cerveau fainéant ».

Le calcul bayésien, probabiliste, va effectuer des inférences à partir des stimuli présents dans l’environnement et va entraîner l’action.

Le cerveau fainéant prend une décision lorsque le minimum de paramètres requis ont été réunis. Ces paramètres sont conscients mais surtout inconscients. Ici, le mot « inconscient » est vraisemblablement à prendre au sens de « le calcul s’effectue si rapidement qu’on n’en n’est pas averti ». Pas au sens de l’inconscient en psychanalyse.

Autrement dit, la motivation entraîne une décision qui entraîne une action. Mais on n’agit moins pour des « arguments » conscients et explicites que pour des motifs inconscients et implicites et qui résultent directement des émotions. C’est le cas de la personne qui va voir le dernier Star Wars plutôt que le dernier Eastwood et qui se donnera pour arguments qu’il a déjà vu les précédents films, qu’il aime la science-fiction, (etc) alors que la vérité est ailleurs.

La prise de décision qui entraîne une action dans le monde physique (par opposition au monde de la pensée) est un marqueur observable de la motivation. Il est impossible de déterminer la motivation d’une personne, on ne peut qu’observer les actions de celle-ci dans le monde physique et à partir desquelles on infère faussement sa motivation.

A cela viennent s’ajouter quelques éléments primordiaux sur la motivation, que vous trouverez dans mes différents articles sur neuropedagogie.com, plus académiques.Dans le présent article, je détaillerai davantage la notion de valeur, essentielle en motivation, ainsi que le contrôle de l’environnement.

Les émotions sont en effet capitales pour l’apprentissage et la mémorisation. Il faut apprendre à cultiver et ressentir ses émotions, aussi bien la colère que l’amour. Les chercheurs sont tous très émotifs (même s’ils ne le montrent pas toujours), comme les écrivains. Les acteurs de cinéma et de théâtre ont une excellente mémoire non seulement parce qu’ils mémorisent beaucoup, mais aussi parce qu’ils cultivent leurs émotions. Cela est enseigné à l’Actor’s Studio par exemple.

La chercheuse Mary Carruthers a trouvé que si les textes religieux chrétiens étaient parfois si durs (ils ont été expurgés depuis, sauf pour quelques moines), c’est parce qu’ils devaient susciter divers états émotionnels favorables à la mémorisation.

Les neurotransmetteurs ont effectivement un rôle capital dans la consolidation des apprentissages. Les états émotionnels influencent l’activité des neurotransmetteurs et des neuromodulateurs.

La forme d’attention qu’on appelle dans le langage commun la concentration est également fortement liée aux systèmes dopaminergiques et glutamatergiques, au sens que ces systèmes permettent d’inhiber les stimuli indésirables.

Les émotions participent énormément à la détection de modèles, qu’on appelle « les patterns ». Initialement, elles avaient sans doute pour rôle d’assurer la survie de l’individu en déclenchant le mécanisme « fight or flee » : on est motivé à s’éloigner d’une source de déplaisir ou d’un danger (flee) et à se rapprocher d’une opportunité ou combattre un danger (fight). Ces émotions sont capitales dans la première rencontre entre deux personnes, elles sont de nature à conditionner la qualité des relations futures, elles vont indiquer si l’autre est une opportunité ou un danger. Et parfois, on se trompe, il y a des faux positifs.

Aux Etats-Unis, Hellen Langer a initié un programme qui favorise l’apprentissage : le Mindfulness. L’objectif est de s’ouvrir à son environnement, d’être conscient de ses actions, de soi, sans émettre le moindre jugement : seulement vivre et être conscient de sa vie. Cela suppose de la relaxation, de la médiation, d’adhérer à la culture du « slow » (slowfood, slowlearning…). Les premières évaluations du programme montrent une amélioration de la concentration, du comportement, de la prise de décision, de la résolution de problèmes et de la motivation. J'y reviendrai dans des articles plus académiques. Je relie directement les travaux d’Hellen Langer à ceux du Docteur Roger Vittoz, un contemporain d’Einstein, qui passait par les images mentales. Pour avoir testé tout cela sur des apprenants, j’ai pu m’apercevoir que cela porte effectivement ses fruits sur les troubles de la motivation, y compris la déprime et dépression.

Voici maintenant quelques bonnes idées (non exhaustives bien entendu) pour cultiver ses émotions et favoriser l’apprentissage :
- faire du théâtre
- lire de la littérature où les personnages sont la proie d’émotions complexes
- écouter de la musique relaxante et profiter de ce moment pour réfléchir sur soi (méditation ou métacognition)
- S’imprégner de la nature, être complètement tourné vers elle (c’est donc l’inverse du conseil précédent)
- cultiver sa perception, non pas pour comprendre, mais pour ressentir : humer différents parfums, goûter différentes saveurs, etc. Cela rejoint le conseil précédent.

Ce qui est à mon sens très discutable, aussi bien sur le plan éthique que de la preuve scientifique, c’est le fait d’énoncer que les détenus les plus dangereux auraient un bas niveau de sérotonine, parce que cela supposerait un lien de causalité et conduirait à la mise en place d’un programme de prévention, voire eugéniste. Or, lorsqu’on lit attentivement la littérature scientifique sur le déséquilibre chimique (chemical imbalance en anglais), on s’aperçoit que la situation est beaucoup plus complexe, notamment parce que nombre d’études scientifiques sur la dépression et autres déséquilibres chimiques ont été financées par des laboratoires pharmaceutiques qui vendaient des médicaments contre la dépression et autres problèmes psychologiques. D’une part, certaines études se sont avérées fausses, d’autre part, l’échantillon de population était trop réduit pour valider les études scientifiques, sans compter les autres biais bien connus en science. D’une manière générale, ce n’est pas parce qu’on observe des phénomènes au niveau neurologique qu’on peut en tirer une conclusion au niveau de l’individu, encore moins au niveau du corps social.

 

Le cours sur coursera - la technique du pomodoro

Barbara Oakley nous apprend que pour être motivé, il faut se concentrer sur le processus, pas sur le produit, c’est-à-dire le résultat. Par exemple, se fixer 20 minutes de travail plutôt que de se dire « je dois le terminer ».

Chaque soir, il faut également faire une to-do list qui réunira les actions à prendre le lendemain.

Enfin, Barbara Oakley nous apprendra comment combattre la procrastination, le fait de reporter les tâches les moins agréables, avec la technique du pomodoro :
- identifier ce qui provoque la douleur psychologique dans la tâche qu’on reporte
- identifier les indices qui mobilisent notre attention sur des éléments qui n’ont rien à voir avec ce que l’on étudie et les écarter : notification du téléphone portable, un magazine qu’on n’a pas fini de lire, la musique, etc. Ces indices vont en effet capter notre attention, et nous distraire des éléments à étudier.
- Se donner un temps de travail, 25 minutes par exemple, et cesser de travailler, même si on n’a pas fini, même si on a de nombreuses idées. Il faut être dans le processus, dans l’action, sans chercher un résultat plus ou moins lointain, qui va nous décourager.
- Modifier la croyance qu’on n’est pas capable d’être bon dans une matière, dans l’étude d’un sujet, modifier la croyance qu’on est un mauvais apprenant, qu’on ne réussira jamais, que les places sont prises, etc. Autrement, cela enclenche la prophétie auto-réalisatrice, à savoir qu’on va tout faire pour échouer, et l’échec va nous donner raison : « j’avais bien dit que je n’y arriverai jamais ».
- Les 20-25 minutes de travail achevées, il faut se donner une récompense.

Bref, l’objectif est de changer la routine de l’échec par la routine du succès. Normalement, on met environ 3 mois maximum pour y parvenir.

 

Commentaire et approfondissement

Je ne connaissais pas la technique du pomodoro, mais je la relie aux travaux en psychologie behavioriste dont les chefs de file furent Thorndike, Skinner et Pavlov. L’objectif est de créer un conditionnement par le renforcement en associant deux stimuli ou plus, tout en déconditionnant le comportement précédent, soit l’extinction.

Les techniques pour modifier les comportements addictifs (cigarette, alcool, etc.) viennent de là. L’efficacité est assez limitée, et l’addiction n’est pas éteinte, elle sommeille. Ce qui est vrai pour l’addiction l’est aussi pour les autres comportements.

Les modifications comportementales obtenues par l’approche behavioriste ont donc toujours été limitées,on le sait depuis Bandura et Vygotsky. Elles sont très dépendantes du contexte et efficaces pour des tâches simples. La grande mode actuelle, l'approche par compétences qui est au coeur de la réforme initiée par Madame la Ministre Vallaud-Belkacem est directement issue du behaviorisme (aux US, on connaît cela sous le nom de CBT - Competency Based Training), qui est destiné à modifier les comportements. Ca fonctionne bien si on veut former aux premiers secours, si on veut former des opérateurs dans les centrales d'appel téléphoniques, mais pour les apprentissages plus complexes (mathématiques, langues, etc.), on va assiter à une catastrophe : apprenants qui ne pourront pas établir de liens entre ce qu'ils apprennent, ni être créatifs, enseignants démotivés, etc.

Si l’on offre des coupons de réduction lors d’un achat pour fidéliser un client (le motiver à quitter la douleur de perdre de l’argent au profit du bonheur d’acquérir un bien ou un service), cela peut fonctionner, mais jusqu’à un certain point. Le pendant est que le client va s’habituer aux coupons, que cela va dévaloriser le produit, et le coupon finira par ne plus motiver l’achat parce que le client s’y sera habitué. C'est le fameux processus d’habituation. Et si le client n’a plus son coupon, il peut même en venir à se détourner complètement du produit ou du service. Le processus dure plusieurs mois, voire plusieurs années. Mais le résultat est invariablement le même.

D’autre part, ce qui importe surtout, c’est la valeur qu’on accorde à la tâche à accomplir (ou au produit/service à acheter), la réponse à un besoin, les moyens d’y pourvoir et le calcul bénéfice-risque qui est plus ou moins conscient. Un rat ou un chien peuvent être motivés et conditionnés par des techniques associatives. Pour un être humain, c’est un peu plus difficile.

Je n’ai pas trouvé d’étude scientifique suffisamment sérieuse (avec groupe test et groupe de contrôle et un échantillon de population suffisamment large) qui validerait la technique du pomodoro. J’ai l’impression que c’est l’une des nombreuses techniques non prouvées, à l’efficacité limitée, comme le brainstorming. La technique est simple, tout le monde va s’enthousiasmer, puis ça va retomber dans quelques années ou dizaines d’années. Je ne connais pas de chercheur qui s’arrête de travailler au bout de 25 minutes, pas plus que les cadres que j’ai formés.

La technique du pomodoro peut certes fonctionner, mais de manière très ciblée, ce qui nécessite de connaître l’apprenant et ce qu’il apprend. On ne peut pas faire abstraction du contexte, de l’environnement ; c’est lui qui offre une structure au sein de laquelle se déploie l’énergie de la motivation. En systémie, on dirait l’espace avant le temps, le « where » avant le « what ». La motivation est en effet un phénomène d’une complexité incroyable.

Fonctionner de manière limitée et ciblée ne signifie nullement qu’on n’en retirera rien. On peut même renforcer la technique du pomodoro en faisant une séance modérée de sport pendant 30-40 minutes avant d’étudier le sujet que l’on aime le moins ; on doit pouvoir parler pendant l’effort. La séance de sport devrait entraîner une certaine euphorie, qui durera entre 30 et 90 minutes après l’effort. Il se peut que par le biais du conditionnement on en vienne à aimer le sujet ou la matière que l’on n’aimait pas, parce qu’on est encore « shooté » au moment où on apprend. Mais là encore, l’effet sera assez limité. Mais au minimum, la séance de sport permettra de mieux gérer le stress.

Également, si on n’aime pas les mathématiques mais que l’on aime l’histoire, on peut passer par l’histoire des mathématiques ou des romans sur les mathématiques: cela s'appelle l'approche narrative. Petit à petit, les notions de mathématiques s’imprégneront et elles feront sens. Ces notions seront connues, et comme elles seront connues, on les contrôlera, et comme on les contrôlera, on sera davantage motivé. Cela fonctionne aussi pour les autres disciplines bien entendu. Le principe est d’apprendre ce que l’on n’aime pas en l’associant à ce que l’on aime. Mais l’effet sera limité, comme toutes les techniques de conditionnement, qui sont associatives, soit la forme la plus primitive d’apprentissage.

Les principaux facteurs de motivation ne résultent vraisemblablement ni d’une combinaison neurochimique (=effet des neurotransmetteurs) ni d’un conditionnement. En réalité, et cela est vrai pour l’apprentissage comme pour n’importe quelle autre activité, professionnelle ou non, on doit vraisemblablement prendre en compte les éléments suivants :

La valeur sociale accordée à la tâche à accomplir, au produit/service à acheter est essentielle. Plus la tâche/produit/service est socialement valorisé, plus on est motivé pour l’obtenir/la réaliser parce que lorsqu’on l’obtient/la réalise, cela renforce notre appartenance, notre légitimité et notre propre valeur.

Aujourd’hui, la valeur optimale n’est plus la force, l’aristocratie, l’intelligence ni même la richesse (valeur des années 90-2000), c’est la célébrité. C’est à qui aura le plus de visiteurs sur son site youtube, le plus de like sur sa page facebook. L’apprentissage, en revanche, n’est plus une valeur sociale ; elle l’a peut être été à l’époque des Lumières auprès d’une population privilégiée, et sous la IIIè République auprès de l’ensemble de la population. Au contraire, ce qui touche à l’apprentissage est aujourd’hui fortement déprécié. Les professeurs sont dévalorisés, ils ont été socialement déclassés. Les institutions scolaires et universitaires, y compris les meilleures, ne conduisent plus automatiquement à un emploi. A l’heure où les algorithmes remplacent les hommes dans de nombreuses activités, on se demande même à quoi étudier peut servir. Si apprendre redevenait une valeur sociale de premier ordre, il m’apparaît certain que cela motiverait considérablement les apprenants, indépendamment de la pédagogie ou des enseignants.

A la valeur sociale peut s’ajouter (ou s’opposer) une ou plusieurs valeurs personnelles, plus ou moins stables dans le temps, plus ou moins bien ancrées. Voilà pourquoi, ce qui motive l’un ne va pas nécessairement motiver l’autre.

De même, la motivation s’exerce aussi en réponse à un besoin réel comme à un besoin illusoire. J’ai besoin du dernier smartphone parce que tout le monde l’a ; il ne répond pas forcément à un réel besoin. En revanche, j’ai besoin de manger et de boire, mais je suis capable d’inhiber ces besoins vitaux pour nourrir mes enfants par exemple. Je peux aussi inhiber ces besoins au nom d’une valeur supérieure : le jeûne dans les religions, la grève de la faim comme moyen d’influencer une décision. Si apprendre ne répond pas à un besoin, il sera difficile de motiver ou d’être motivé.

Le calcul bénéfice-risque est un facteur important dans la motivation. Quel bénéfice puis-je retirer du temps investi dans l’apprentissage des mathématiques ? Et cela rejoint le besoin.

Mais dans la motivation, ce qui est à mon sens le plus important avec la valeur, c’est le contrôle de l’environnement. Cela est vrai pour le Vivant et le non-vivant, dont les organisations. L’objectif est de contrôler son environnement pour y être le mieux adapté. Donner les conditions (même préemptées) d’un contrôle de l’environnement peut entraîner la motivation nécessaire pour y évoluer et s’y développer.

Le fait de se concentrer sur le processus et non plus sur le résultat n’est pas nouveau. Antoine de la Garanderie l’avait déjà formulé dans les années 80 avec sa notion de « motivé par la fin » et « motivé par les moyens ».

Cependant, de nombreuses personnes ont besoin d’avoir des objectifs clairs et précis. Ces objectifs clairs et précis sont en eux-mêmes une motivation à entrer en action, et constituent une sorte de prophétie auto-réalisatrice : je forme un projet, qui initie mon action, et mon action me permet d’accomplir mon projet. Seulement, ce type de motivation – motivé par la fin pour plagier de la Garanderie – ne peut être efficace que si deux conditions principales sont réunies : on a bien déterminé la tâche à réaliser, on se connaît bien. Dans le cas contraire, cela peut entraîner une démotivation, si le projet n’est pas achevé dans les temps impartis. Voilà pourquoi, en management de projet, on a coutume de se poser trois limites temporelles pour réaliser le projet : basse, moyenne et haute. Enfin, lorsqu’on apprend, il existe des limites temporelles, qui sont fixées par les évaluations.

De l’autre côté, être dans le processus sans chercher à accomplir un objectif dans les délais impartis peut entraîner la motivation. En effet, l’action va libérer du stress inhibiteur ; le stress étant une fonction adaptative qui entraîne une action face à un danger réel ou fantasmé (fight or flee) ou au contraire l’inhibe. En sollicitant les aires sensorimotrices, le processus qui entraîne l’action va favoriser le plaisir. Le mouvement (bouger, parler, écrire, etc.) provoque effectivement le plaisir, et le plaisir motive.

De plus, on sait en systémie que lorsqu’on élabore un projet à moyen ou long terme, on se repose sur les données actuelles alors que lorsque ce projet sera mûr, le monde aura changé, et une partie des données sur lesquelles ont s’était basé seront obsolètes, ce qui impliquera d’adapter le projet. Par conséquent, pour éviter les déceptions qui conduisent à la démotivation, il n’est pas toujours bon d’avoir un projet bien défini ; il vaut mieux saisir les opportunités qui se présentent au moment où elles se présentent. Avant d’avoir étudié la systémie, je planifiais beaucoup avec un résultat moyen ; depuis, je ne planifie plus rien, et les résultats sont bien meilleurs. Le projet est la plupart du temps une illusion et ne répond pas vraiment aux motifs de l’action. Mais encore une fois, je pense que cette pratique d’être dans le processus plutôt que dans le résultat est une bonne source de motivation dans la vie professionnelle ou en autoformation, mais me paraît assez peu adapté aux apprentissages dans le cadre d’une formation initiale secondaire ou supérieure avec de très fortes contraintes de temps.

Peut-on développer la motivation ? La technique du pomodoro peut effectivement y parvenir, mais de manière limitée, et c’est déjà beaucoup. En revanche, il existe des approches plus subtiles et plus efficaces basées sur les éléments qui viennent d’être évoqués dans cet article et dans d’autres qui ont été rédigés. Peut-être que j’approfondirai cette notion.

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