loader image

Le MOOC Coursera en 10 questions

Facebook
Twitter
Pinterest
LinkedIn
Le MOOC Coursera en 10 questions

Le MOOC est-il l’avenir de l’apprenant ? La réponse est affirmative, mais sous certaines conditions. C’est ce que nous allons voir à travers mon expérience, d’abord sur Coursera, puis sur Edx.

 

1. Qu’est-ce que coursera ?

Coursera.org est l’un des deux principaux MOOC avec Edx.org. Un MOOC est un service d’enseignement à distance.

De nombreuses Universités de tous pays y proposent des cours de grande qualité, accessibles à n’importe quelle heure.

 

2. Combien le service coûte-t-il ?

Le service est entièrement gratuit si on ne souhaite pas obtenir un certificat. Dans le cas contraire, on devra s’acquitter d’une somme comprise entre 50 et 100 euros en moyenne par formation. Cette formation certifiante peut également être suivie gratuitement selon les conditions de ressource. A cette somme, il faut ajouter les frais de change, puisque la monnaie acceptée est le dollar.

On peut obtenir un remboursement de la formation si on en fait la demande dans le délais imparti. Elle sera rapidement restituée, 3 semaines au maximum. Naturellement, les frais de change, perçus par la banque de l’apprenant, ne seront pas rendus.

 

3. Comment s’inscrire à un cours ?

Il suffit de se rendre sur le site coursera.org et de remplir un formulaire, en donnant une adresse courriel valide. Si on veut suivre une formation certifiante, il faudra faire une copie numérique de sa carte d’identité. Celle-ci sera stockée aux Etats-Unis.

 

4. Peut-on obtenir un diplôme, quelle est la valeur de celui-ci ?

La plupart des formations permettent d’obtenir un certificat. De rares formations sont sanctionnées par un diplôme. La reconnaissance des certificats n’est pas optimale, en raison notamment des modalités d’examen. Mais il est impossible d’affirmer que les certificats n’ont pas de valeur sur le marché du travail. D’autre part, la valeur accordée à un diplôme universitaire dans le cadre de la formation initiale supérieure tend à diminuer par rapport aux expériences du candidat en recherche d’emploi, on s’approche du modèle anglo-saxon. Et en ce sens, les certificats ont une valeur.

 

5. Que peut-on y apprendre ?

Le catalogue des formations est déjà très vaste, et il ne cesse de s’enrichir.

 

6. Comment se passent les cours ?

Les cours sont découpés en séquences. Ils sont constitués de vidéos et quelques documents pédagogiques, assortis d’une bibliographie. Les vidéos sont courtes, généralement entre 5 et 15 minutes.

Les cours sont très clairs et attrayants.

Les auteurs des cours, des professeurs qui font autorité dans leur domaine, interviennent dans la plupart des vidéos. Il existe également des ressources annexes sous forme de vidéos, où interviennent d’autres personnes que les auteurs du cours.

La plupart des vidéos sont sous-titrées. Elles sont accompagnées d’une retranscription textuelle intégrale.

Les cours sont essentiellement en anglais, mais un anglais académique, avec peu d’expressions idiomatiques et autres « phrasal verbs » puisque la clientèle est internationale et le niveau académique.

Un certain nombre de cours sont traduits dans différentes langues, mais la traduction est effectuée par des bénévoles qui ont suivi les formations, aussi les concepts abordés ne sont-ils pas toujours correctement traduits. Si cela est possible, il vaut mieux suivre les cours en anglais.

Il existe également des fora très actifs, animés par des tuteurs. Les questions ne restent pas sans réponse, et permettent de mieux comprendre le cours, ou d’aborder des notions non développées dans le cours.

Les tuteurs sont d’anciens apprenants qui ont réussi la formation et qui ont été actifs sur les fora. Une fois la formation terminée, ils sont contactés par courriel par l’équipe qui a conçu le cours.

Les tuteurs sont des bénévoles non rémunérés qui doivent assurer une présence de 3 heures hebdomadaires environ, pendant 3 mois. Ils peuvent prolonger cette expérience s’ils le souhaitent.

Les auteurs du cours interviennent parfois dans les fora.

Les cours sont en licence creative commons.

 

7. Quel niveau faut-il avoir ?

Il existe des formations pour tous les niveaux. Le niveau requis pour participer à une formation est parfaitement déterminé. Les prérequis sont très clairs. Il n’existe aucune intention d’attirer le client avec des promesses fallacieuses.

 

8. Comment se passent les évaluations ?

L’apprenant a en général 6 mois pour valider une formation certifiante.

Chaque formation est assortie d’une évaluation qui lui est propre. En général, c’est le schéma suivant qui est retenu :

  • De courts QCM qui viennent sanctionner la maîtrise du cours, abordé dans une ou plusieurs vidéos.
  • Des QCM plus longs en fin de séquence.
  • Des essais à rédiger, corrigés par ses pairs. L’apprenant devra également corriger des essais.
  • Des travaux pratiques, mais ceux-ci dépendent de la matière ; toutes les formations n’en demandent pas. Ces travaux sont évalués par les pairs.

Le processus d’authentification, qui permet de « prouver » que c’est bien le candidat qui passe le QCM implique de saisir un texte au clavier. C’est l’adéquation entre la vitesse de frappe du candidat avant de passer le QCM et sa vitesse lorsqu’il s’est inscrit qui « l’authentifie. »

 

9. Quelle est la valeur pédagogique des cours ?

Les cours sont de grande qualité, mais ils ne donnent que des informations. Ils sont insuffisants à conduire l’apprenant sur le chemin de la connaissance.

Les QCM sont trop proches des cours sur le plan de la sémantique et ne permettent pas vraiment de valider la maîtrise des concepts. Ils viennent assurer la réussite et susciter la motivation. Mais le QCM n’est pas en soi le meilleur moyen d’évaluer une connaissance, sur Coursera ou ailleurs.

La correction des essais par les pairs est assez complaisante.

Les travaux pratiques sont une bonne idée, mais leur correction est également complaisante.

Les fora offrent un véritable espace d’apprentissage, et c’est sans doute la meilleure idée.

 

10. Quel est le verdict final ?

Coursera ou Edx sont des projets fabuleux mais qui, comme tous les MOOC, ne remplacent pas un cours distanciel avec un enseignant, encore moins un cours présentiel.

L’apprentissage est en effet intimement lié à l’attention, or l’attention est dépendante du regard, qui doit être capté par l’attitude de l’enseignant.

L’apprentissage est aussi un phénomène social. Dans cette célèbre expérience sur l’apprentissage des langues, on observe que les enfants qui ont été exposés à des images ou des sons enregistrés n’ont rien appris, au contraire de ceux qui avaient le même cours, mais avec un professeur. D’autres expériences de ce type ont été réalisées avec des apprenants plus âgés, et invariablement, les groupes avec un enseignant performaient mieux que les groupes sans enseignant.

L’apprentissage par vidéos (et par extension, avec un logiciel) peut être efficace dans les conditions suivantes :
– en autonomie, pour les parties d’un cours les plus simples à apprendre ;
– en groupes présentiels, pour les autres parties ;
– en complément d’un cours présentiel ou d’un cours distanciel avec un professeur ou pour les plus âgés, en complément de lectures et activités pratiques et à condition d’être évalué ;
– en préalable d’un cours présentiel ou d’un cours distanciel avec un professeur;
– comme outil pédagogique aux mains d’un professeur, formateur, tuteur, coach, etc.

Note : ce document est soumis aux droits d’auteurs. Toute reproduction et traduction sont interdites sans le consentement de son auteur.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *